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 FENRIR (+) It is madness for sheep to talk peace with a wolf

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† date d'inscription : 30/05/2016
† messages : 88


MessageSujet: FENRIR (+) It is madness for sheep to talk peace with a wolf   Ven 3 Juin - 20:42



Fenrir O'Riain


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› nom: o'riaini › prénom: fenrir, prénom emprunté par mon grand père à la mythologie scandinave et inspiré de mon attachement enfantin envers son loupi › âge: trente trois ans › date et lieu de naissance: un 26 novembre, au bord de la route › origines: irlandaises et françaises › métier: Voleur à mon compte personnel. Trop libre pour me cantonner à un métier, je me contente de dérober tout ce par quoi je suis attiré. J'exerce également le métier d'illusionniste en usant de mes capacités d'acrobates quand j'en éprouve le désir et que j'ai besoin d'argent. › situation civile: célibataire




Personnalité & Habitudes
Suite à une chute lorsqu'il était enfant, Fen a développé une hyperosmie, à savoir une grande sensibilité aux odeurs (+) Il est partit de chez lui à l'âge de 20 ans et a entreprit un grand voyage autour du monde pendant douze ans (+) Il n'a jamais mit un seul pied à l'école mais a apprit dans celle du cirque puis celle de la vie (+) Il parle neuf langues différentes ; l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien, le chinois, l'allemand, le portugais, le gaélique et enfin l'hindi, conséquence de ses années passées dans de nombreux pays seul (+) C'est un amoureux inconditionnel de la vanille sous toutes ses formes (+) Il se nourrit majoritairement de viandes et de fruits mais il est capable de manger tout et n'importe quoi quand il a faim (+) Il n'a besoin que de trois à quatre heures de sommeil (+) Fasciné par l'obscurité, il vit davantage la nuit que le jour. Il est également capable de passer des semaines seul dans une forêt perdue (+) Il vit depuis treize ans dans une Tiny House, une petite maison de bois sur roue qu'il tracte avec une grosse voiture (+) Fenrir estime que sa liberté individuelle est la seule chose qui compte. Aussi ne fait-il que ce qu'il a envie, sans se soucier des conséquences ou de la loi. Il ne supporte ainsi aucune politique, aucune soit disant force de l'ordre et a une sainte horreur des prisons, dans lesquelles il a passé quelques nuits pour tapages et bagarres (+) Plusieurs cicatrices se dessinent sur son corps dont une à la joue, résultat de ses coups de colère passés (+) Il porte deux tatouages, un loup tribal sur la côte droite qui hurle à la lune, ainsi qu'un phoenix dans le dos. Il a fait faire le premier dans les îles de Caraïbes et le second en Chine. (+) Ses cheveux sont souvent trop long, son visage rarement rasé et ses deux oreilles sont percées. Néanmoins, il a tendance à ne porter qu'une boucle sombre sur deux. (+) Son cou est orné d'un cordon noir auquel pend un onyx sombre qu'il ne retire jamais.

Fenrir n'a aucune si ce n'est très peu de conscience. Il n'agit que par instinct et ne réfléchit que rarement avant d'entreprendre quoique ce soit. De fait, il est impulsif, imprévisible, colérique, volcanique, passionné, mystérieux, incompréhensif, animal et terriblement fier et orgueilleux. Il peut s'attacher facilement aux autres quand il éprouve de l'intérêt mais se détache tout aussi aisément quand ce dernier s'évapore. Il a une grande gueule, sait se montrer brutalement franc comme menteur quand c'est nécessaire sans se soucier du fait qu'il puisse blesser, mais son plus grand défaut reste sans aucun doute son impulsivité. Une pique lancée peut tout aussi bien le laisser indifférent que le mettre dans une rage folle. Tout dépend du jour.



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La vérité se tapit dans les replis obscurs du cœur ou de l'esprit, enfouie sous le présent et la certitude. Mais les émotions finissent toujours par imploser en une myriade d'étincelles, dévoilant une réalité qu'on était loin d'imaginer. @swanscaptn › © alaska.  

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† date d'inscription : 30/05/2016
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MessageSujet: Re: FENRIR (+) It is madness for sheep to talk peace with a wolf   Ven 3 Juin - 20:45





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L'histoire est une galerie de tableau
Les ombres des arbres dansaient sur son ventre nu contracté par la douleur et ses hurlements perçaient l'obscurité plus sûrement que le hululement des chouettes qui, depuis de longues minutes, s'étaient tus. « Courage ma fille, pousse ! » Entre ses jambes, les mains parcheminées de son père tenaient une minuscule tête humide qui disparaissait sous d'épais cheveux noirs. La peur défigurait le visage du vieil homme, terrifié à l'idée de perdre cet enfant dont l'existence lui avait été si longtemps caché. Comment sa fille avait-elle pu taire sa grossesse durant ces longs mois ? Comment avait-elle pu se comporter avec autant d'insouciance malgré l'enfant niché dans son être ? Mais la colère ressentie avait reculé face à cette terreur qui paralysait ses jambes et faisait trembler ses mains. « Pousse Andrea, pousse ! » Le hurlement déchirant de la mère se mêla aux premiers pleurs du nouveau né et à l'éclat de rire d'un homme au visage irradié par la joie et le soulagement. « C'est un garçon » s'exclama t-il en soulevant l'enfant dans ses bras. Le petit être gigotait, le corps recouvert de sang, en hurlant à plein poumon la perte soudaine d'un cocon disparut. Maladroitement, Adnaé déplia les bras pour tendre l'enfant à sa mère. Mais sa fille eut un geste de recul, les yeux écarquillés par l'horreur. « Je ne veux pas de cette chose ! Jette la, qu'elle disparaisse ! » cria t-elle en rabattant violemment ses mains sur ses yeux. Sous le choc, le père eut néanmoins la présence d'esprit de ramener le petit vers lui.  A l'image de sa mère, il pleurait.

Dans ses rêves, il entendait encore les reproches cinglant de sa fille sur sa liberté perdue, son manque de choix et la cruauté de l'existence qu'il lui avait imposé. Elle avait tout quitté sans un regard en arrière, son père, sa vie, le cirque .. et son propre enfant qu'elle n'avait jamais ne serait-ce qu'une seule fois tenue dans ses bras. La portière de la voiture avait claqué, les roues avaient rappé le sol et le moteur s'était progressivement tu sur l'horizon. Un soupir échappa au vieil homme, ainsi que les vieilles photos qu'il tenait entre ses doigts noueux. Elles s'étalèrent sur la petite table de la caravane, souvenirs éparpillés d'une relation qui n'avait jamais réellement existé. Il l'avait tant aimé .. et elle l'avait quitté, crachant sa haine et son mépris pour tout ce qu'il était, ce qu'ils avaient été. Le cœur lourd, il se releva en gardant une main sur ses reins douloureux, puis slaloma dans sa petite habitation pour se resservir un café. Des peluches traînaient sur le sol, tant de couleurs et de joies auxquelles il avait pu se raccrocher. Un sourire étira son visage ridé et fatigué tandis qu'il se dirigeait vers le fond de la caravane. Le petit dormait à poing fermé, la tête posé sur le ventre du chien noir qui veillait sur lui telle une louve sur son petit depuis sa naissance. Et Adnaé savoura sa chance comme la boisson chaude dans laquelle il trempait ses lèvres. Il avait perdu sa fille mais avait gagné un petit-fils. « Merci Fenrir .. merci d'être né. » chuchota t-il comme pour conjurer le maléfice qui s'était abattu sur les frêles épaules de l'enfant à sa naissance. Pas de père, pas de mère … juste un vieux grand père brisé par le poids des âges … mais un grand père qui saurait l'aimer mieux que n'importe lequel d'entre eux.

« C'est bien mon garçon ! » L'enfant s'arc-bouta pour faire glisser ses jambes sur la barre de bois, lâcha le trapèze de ses mains et se laissa tomber en arrière pour saluer son grand père d'un sourire fier. Puis, agile comme une anguille, il se contorsionna pour former avec son corps un arc de cercle laissant son ventre moulé par son haut sombre à découvert. « N'en fais pas trop et redescend ! » hurla son grand père en tapotant distraitement la trompe de l'éléphant placée sur son épaule, parfaitement inconscient du fait que l'animal ne désirait que quelques sucreries. Mais Adnaé ne faisait attention qu'à son petit fils qui se balançait dans le vide aussi bien qu'il se balancerait sur une balançoire. Contrairement à sa mère, Fenrir était passionné par les différents métiers du cirque, et bien qu'il excellait dans l'art de l'acrobatie, comme l'avait désiré son grand père, il ne pouvait s'empêcher de fureter et d'apprendre des différents membres de sa grande famille. Il aimait particulièrement travailler avec les félins et les éléphants, ainsi qu'avec des couteaux qu'il s'amusait à lancer les yeux bandés, sans vérifier si une pauvre âme passait entre lui et sa cible. « Allez descend, c'est l'heure de manger ! » grommela le vieil homme en daignant enfin nourrir le pachyderme. « Le spectacle va bientôt commencer, et contrairement à la jeunesse, j'ai besoin de forcer pour tenir debout ! » Enfin sensible à son appel, le petit s'élança dans le vide et se balança de trapèze en trapèze pour rejoindre un petit pied à terre au sommet d'un mât. Il s'y glissa sans prendre la peine de s'intéresser à l'échelle et le descendit avec cette agilité surprenante qui plaisait tant au public et qui lui valait parmi les siens le surnom de petit singe. Un surnom appelé à changer.

Après avoir laissé son grand père seul face à son café suite au dîner qui l'avait laissé repu, Fenrir s'était glissé entre les cages pour saluer ce qu'il considérait non comme ses amis mais comme des modèles. Il aimait la force tranquille des lions, l'agressivité orgueilleuse des tigres et la facétie des éléphants. Mais plus il grandissait, plus il souffrait des les voir tourner dans des cages qu'il aurait considérait trop petite pour lui même, malgré sa taille bien plus petite que la leur. « Grand père se trompe » marmonna t-il, « vous ne pouvez pas préférer cette vie ... » Il s'interrompit abruptement lorsqu'un écho de voix lui parvint, tout proche. Quittant l'immense pachyderme, il se rapprocha de la cage des tigres, placée derrière quelques camions où étaient stockés du matériel. Les voix devenant de plus en plus fortes, il fut apte à entendre. « Allez énerve toi, montre les crocs ! » railla une voix juvénile, suivit d'un boum fracassant contre les barreaux de fer. Un rugissement suivit sous les éclats de rire de plusieurs jeunes, motivant Fenrir à les rejoindre plus rapidement. Il s'agissait d'une bande de quatre adolescents, entre quatorze et quinze ans soit bien plus grand qu'il ne l'était lui même du haut de ses dix ans. Cependant, pas une once de peur n'agita l'enfant quand il vit la pierre que jetait l'un d'eux sur le tigre. Il bondit en avant, se jeta à terre puis planta ses dents profondément dans le mollet nu d'un des compères. Un hurlement fracassant suivit et l'adolescent se mit à sauter, trépigner pour le faire lâcher prise. Le goût du sang dans la bouche, Fen faisait pleuvoir des coups de pied autour de lui tout en esquivant plus ou moins bien les coups éparses des copains qui tentaient de l'arracher à sa victime. Les cris finirent par attirer les adultes mais il fallut de longues minutes avant que l'un d'eux ne parvienne à forcer Fen à libérer la jambe du plus grand. Le sang dégoulinait sur ses lèvres comme sur la jambe dont la peau avait été  salement arrachée. Indifférent aux adjectifs peu glorieux qu'on lui attribuait, tous les muscles du petit homme étaient tendus comme s'il s'apprêtait à bondir de nouveau. Tiraillés par l’inquiétude, ils s'empressèrent de l'évacuer, le ramenant chez son grand-père. « Tu n'es pas un animal Fenrir. Quand il se passe ce genre de choses, tu cours chercher un adulte mais tu ne mords pas. Il n'y a que les animaux pour mordre, pas les humains. » lui dit son grand-père quelques heures plus tard. Le petit brun n'écouta que d'une oreille peu attentive. D'ailleurs, il ne changea pas. Pire il empira. Ses colères étaient de plus en plus impressionnantes et son grand-père lui sauva la mise plus d'une fois en apaisant les esprits les plus belliqueux face à ce qu'ils considéraient comme un sauvage.

Une voiture crissa dans l'allée, soulevant un nuage de poussière qui aveugla momentanément l'homme assis sur sa chaise. Ses vieux os ne le portaient plus qu'en gémissant et ses poumons fatigués lui donnaient du fil à retordre à chaque effort. Cependant, quand il vit son poulain descendre de voiture, flanqué d'un colosse à l'air furieux, il dû se résoudre, non sans un soupir, à quitter son fauteuil à bascule pour les rejoindre. Le visage racé de son petit fils était marqué par une rage autrement plus impressionnante que celle de l'homme, si bien qu'Adnaé eut un mouvement de recul involontaire. Malgré leur forte relation, il avait toujours eu légèrement peur des réactions que Fenrir pouvait avoir quand il arborait ce visage si sombre. Comme pour répondre à ses craintes, le jeune adolescent se dégagea avec violence de la main posée sur son épaule et aboya. « Ne me touche pas ! » Le vieil homme tressaillit puis reporta son attention sur le colosse prêt à reposer ses doigts sur l'épaule moulée de cuir de l'ado. « Laissez le, il ne va pas s'enfuir. » intervint-il en pressant sa canne entre ses doigts. « Que puis-je faire pour vous ? » La question n'était que pure formalité car l'ancien savait pertinemment ce qui amenait cet homme. Il n'était pas le premier, ô que non, et ne serait probablement pas le dernier. « J'ai surprit ce gamin dans le lit de ma fille ! » rugit l'homme en serrant les poings. « Je ne sais pas comment vous élevez ce gosse mais ma fille n'est pas de ce genre là ! » Fen ponctua la phrase de l'homme d'un rictus moqueur et audible. L'homme se retint d'abattre son poing de la taille d'un gros melon sur sa tête mais le pointa d'un doigt vengeur que l'ado regarda de ses pupilles noirâtres enflammées. « La prochaine fois, je te traînerais chez les flics … si je ne sors pas le fusil avant ! » Sur ces mots, il regagna sa voiture. Adnaé s'en désintéressa pour revenir sur le visage expressif de son petit fils. Sa colère s'était apaisée et il ne subsistait sur ses traits qu'un amusement sauvage que son grand-père n'aimait pas plus que sa rage. « Laisse cette petite tranquille d'accord ? Ne t'attire pas davantage d'ennuis. » Fen se tourna vers lui et plongea ses yeux d'un bleu turquoise dans ceux plus sombres de son aïeul. « Je n'irais pas la chercher … mais je ne la repousserai pas si elle vient vers moi. » prévint-il moqueur. Et ils savaient tous deux qu'elle le ferait. Fen fascinait autant les femmes qu'elles le fascinaient lui-même. Depuis qu'il avait été initié à la sexualité par une femme plus âgée un an plus tôt, il accumulait les conquêtes avec un plaisir évident. Cet enfant était comme un loup qui aimait intensément la chasse et qui ne pouvait survivre sans proie à se glisser sous la dents. Animal dans sa colère comme dans ses relations, ce petit ne connaissait aucune limite … et le vieil homme ne savait plus comment les poser pas plus qu'il ne savait comment le prendre. Aussi retourna t-il s'asseoir, sonnant ainsi sa propre défaite. Il ne pouvait rien contre cet enfant car il ne pouvait pas l'atteindre. Fenrir n'en ferait qu'à sa tête, comme il le faisait depuis sa naissance.

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La vérité se tapit dans les replis obscurs du cœur ou de l'esprit, enfouie sous le présent et la certitude. Mais les émotions finissent toujours par imploser en une myriade d'étincelles, dévoilant une réalité qu'on était loin d'imaginer. @swanscaptn › © alaska.  

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MessageSujet: Re: FENRIR (+) It is madness for sheep to talk peace with a wolf   Ven 3 Juin - 20:48





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L'histoire est une galerie de tableau
D'un geste énergique, j'enfonçai le dernier clou dans le bois dur. La petite table ressemblait enfin à quelque chose. Je m'accroupis, retirai le petit triangle et la planche retomba contre le mur, laissant un espace plus que nécessaire pour bouger et même danser dans le petit salon. Satisfait, j'essuyai mon front moite, posai le marteau sur la table remise en place et pris place sur le canapé installé le matin même. J'étais fin prêt … et cette simple idée distilla une intense excitation dans mes veines. « Wow. » La voix chevrotante de grand-père m'arracha à mes pensées. Je me redressai souplement et me tournai vers le vieil homme qui pénétrait péniblement dans la pièce. Les épaules voûtées par le poids des âges, il arborait le visage de celui qui voyait un cauchemar se réaliser. Et je savais lequel. Après avoir perdu sa fille qui n'était jamais plus réapparue dans son existence, son petit fils prenait la mer à son tour. « Tu as fait du bon travail mon garçon … c'est stupéfiant » dit-il faiblement. « Mais … es-tu bien certain de vouloir cela ? » Je croisai les mains sur ma nuque, un sourire aux lèvres et le regard perdu sur l'habitat qui m'entourait. « Plus que certain. Ma vie est sur la route, et pas seulement celle des États-Unis. »  « Et tu pars quand ? » Je coulai un regard par la porte laissée entrouverte pour observer la position du soleil. « Une heure … le temps de mettre quelques babioles indispensables. » Ses yeux s'humidifièrent. « Allez grand père » murmurai-je avec humour, « je t'enverrais des cartes postales. » Sur ces mots, je lui tapotai l'épaule pour reprendre mes activités. Il s'installa sur le canapé pour me suivre des yeux tandis que je rangeai le nécessaire dans les petits placards de bois. Pour ma part, je ne ressentais ni tristesse, ni nostalgie. Je n'étais qu'excitation et impatience. Mais lorsque j'entrevis le visage ravagé de mon aïeul lors des adieux, je sentis mon cœur se serrer. Une émotion que j'oubliai sitôt derrière mon volant, tandis que le sourire aux lèvres, j'ouvrais les bras au monde et à ce désir qui me lancinait depuis des mois.

La silhouette fantomatique des arbres dansaient autour du feu de camp en une valse hypnotique. Mâchouillant mon bâton de vanille, j'ajoutai quelques bûches dans le feu avant de m'asseoir sur le sac de couchage. La forêt devenait de plus en plus sauvage au fur et à mesure que je m'y enfonçai, aussi les proies se faisaient-elles plus nombreuses. Je fis rouler la branche dans ma paume afin de bien cuire le chevreuil, ma première vraie prise depuis que j'avais pénétré les bois deux semaines plus tôt. J'avais aimé l'excitation provoquée par la chasse au couteau, ces longues heures à surveiller, à m'abîmer dans le silence pour mieux surprendre et attaquer la proie choisie et suivie. Sa fourrure exhalait alors une odeur de mousse et de feuilles mouillées. A présent, elle n'était plus que fumée âcre. J'aimai cette vie perdue dans la nature, ce silence éraillé par le cris des chouettes et le grondement des animaux, autant que je pouvais aimer l'agitation dans les rues de nuit et le parfum sucrée de la peau féminine. Mais je savais que les cris et le piaillement des humains finiraient par me manquer, en particulier l'étreinte d'une femme. C'est pourquoi j'avais l'intention, après avoir récupéré la maison laissée à la lisière des bois, de me diriger vers l'Europe pour découvrir ces pays bien moins sauvages avant de revenir vers les steppes russes. Car je ne saurais satisfaire tous mes désirs par le biais de cette vie solitaire. Une vive douleur se rappela à mon souvenir et je passai une main dans mon dos en creusant involontairement les reins. Il me suffisait de suivre ce petit chemin parsemé des pierres de mes envies.

Vanille, bière, cannelle, cigarette se mêlaient en un maelström d'odeurs qui irritaient ma gorge, intensifiant les folles émotions qui se succédaient dans mon être. Un souffle, un gémissement firent échos à des éclats de rire dans le lointain, trahissant le degrés de plaisir qui agitait l'âme torturée de la frêle demoiselle que je tenais dans mes bras. Les minutes s’égrainèrent et du feu de la passion ne resta bientôt plus que des cendres. D'un geste malhabile, la jolie brune réajusta sa chemise blanche, dissimulant à mon regard brûlant sa peau bronzée rougit par ma barbe mal taillée. « Je … Je ne sais pas ce qui m'a poussée à faire ça.  » grommela t-elle en se glissant maladroitement dans son jean. Peu soucieux quand à ma propre apparence totalement débraillée, je m'adossai au mur de la paume en demandant suavement. « A t’abandonner contre le mur croulant du bar dans lequel tu travailles, à la vue de tous ? » Elle piqua un far, la bouche incurvée en une grimace que démentait ses yeux encore brumeux. « L'esprit d'aventure ? » soumis-je moqueur tandis qu'elle glissait ses prunelles enflammées sur mon jean défait. « Tu peux te rhabiller ? » « Pourquoi ? Tu contrôles mal tes pulsions ? » la provoquai-je sans faire un quelconque geste pour réaliser son souhait. Elle maugréa puis coula un regard dans la rue qui nous faisait face en prenant enfin conscience du risque qu'elle avait prit en se laissant entraîner dans une valse aussi dangereuse. « Mon dieu … si mon mari m'avait vu ... » Je haussai les épaules, convaincu que l'idée ne lui aurait guère déplut. Il manquait visiblement quelque chose dans cette union, sans quoi …. Je me penchai vers elle et plantai sa lèvre que je tirai légèrement. « Merci pour l'aparté » murmurai-je avant de me diriger vers la porte arrière en réajustant mon jean. « Attends ! » Sa main fine se glissa sur mon bras tendu vers la poignée. « Viens à la maison demain. Je ferais en sorte qu'on soit tranquille. » Mes pupilles se dilatèrent légèrement tandis que je détaillai son visage. « Je viendrais. » Sur ces paroles, je la laissai face à la lumière diffuse du lampadaire pour pénétrer les lieux plus bruyant du bar auquel je l'avais arrachée. Le brouhaha des ivrognes m'étaient familier, autant que ces odeurs d'alcool mêlées de sueurs qui gravitaient dans l'air saturé. Fronçant le nez, je me dirigeai vers le bar pour commander une simple bière. Le tenancier me fixa d'un air torve, étudiant mes boucles d'oreilles et ma dégaine avec méfiance. « Un soucis ? » demandai-je d'une voix tranquille en lui rendant son regard. Il grogna dans sa barbe et s'éloigna en nettoyant férocement des verres à la propreté douteuse. Je secouai légèrement la tête, me penchai par dessus le meuble de bois et attrapai la bière qu'il avait laissé avant de s'enfuir. J'étais habitué à ce genre de coups d’œil sur ma tenue. Ils se faisaient de plus en plus fréquents depuis que j'avais traversé la frontière allemande pour mettre les pieds en France. Les natifs du pays avaient visiblement du mal avec tout ce qui n'était pas classique. « Et toi ! » Le coup sur l'épaule m'interpellant plus que l'appellation agressive, je me retournai vers l'homme baraqué qui se tenait derrière moi. Mais plus que son visage, c'est sur ses doigts que s'arrêtèrent mes yeux. Je me dégageai d'un brusque mouvement d'épaule avant de daigner enfin croiser son regard. « Moi quoi ? » répondis-je en anglais. Même si je comprenais quelques phrases, le français m'était encore inconnu dans les grandes lignes. L'homme eut un rictus mauvais, doublé d'une flamme colérique dans ses yeux de porcins. « Parce que t'es américain en plus ? » répondit-il dans un anglais très mauvais. « Qu'est-ce que tu veux ? » demandai-je sans tenir compte de son dégoût évident pour ma nationalité. « C'est toi qui a couché avec ma femme ? » Je coulai un regard vers la serveuse, qui regardait la scène avec curiosité plus qu’inquiétude, démontrant qu'elle n'était pas concernée par la joute. Je passai en revue mes dernières rencontres et, bien que la question sonnait plus comme une rhétorique qu'une véritable demande, répondis. « La blonde avec le tatouage au creux de la cuisses ? » tentai-je sans certitude. J'eus cependant confirmation quand son poing s'écrasa sur mon œil, m'envoyant à terre. La douleur irradia mon visage tandis qu'un filet de sang glissa telle une larme rougeâtre au coin de l'amande gonflée dans laquelle s'agitait ma prunelle sonnée. Je l'essuyai d'un geste d'impatience et, d'une torsion, me relevai d'un bond souple. L'écume rouge souillait à présent mon index et éclaboussait le regard enragé de l'animal attaqué. « L'américain veut jouer ? » ricana mon adversaire, entraînant à sa suite le rire de certain convives. « Allez v... » D'un geste vif, j'écrasai sur sa tête le tabouret que je venais de saisir. Il se brisa sur son crâne, sonnant le colosse durant une demi-seconde. Mais, sans lui laisser le temps de se reprendre, je fonçai comme un taureau l'échine baissée et lui enfonçai l'épaule dans le sternum pour le déséquilibrer. Il chuta à son tour dans un fracas assourdissant. Je bondis sur son ventre puis jouai de mes poings sur sa figure. Je n'entendis pas les rires devenir hurlements, pas plus que je n'entendis les sirènes. Déchaîné, je ne m'arrêtai que lorsque je fus écrasé par des corps et que les fers mordirent mes poignets.

« Vous auriez pu tuer cet homme, vous en êtes conscient ? » Je coulais un unique œil sombre à mon geôlier. « Je me vois forcé de vous garder cette nuit. » La sentence me frappa plus durement qu'un poing. « Et croyez moi, vous êtes chanceux que ça n'aille pas plus loin » ajouta t-il en se redressant. Ses pas trahirent sa sortie du bureau, tout comme la porte fermée dans son dos. Guère d'humeur à rire de la situation, je redressai la tête pour examiner la pièce dans laquelle on m'avait laissé. Les muscles se nouèrent sous la tension qui s'intensifiait, tandis que je bataillai ferme pour retirer les menottes. Peine perdu. J'étais bien placé, après plus de quarante nuits dans ce genre de ruche, que je ne sortirai que lorsque l'un de ces perroquets bleus me laisserait sortir. Jugulant la claustrophobie qui m'accompagnait invariablement lorsque je me sentais enfermé et privé de choix, je respirai profondément par la bouche en lançant des regards orageux tout autour de moi.

De nature assez sociable, je m'éteignais invariablement lorsque je passai la nuit en prison. Sourires moqueurs et œillades sensuelles se dénaturaient en expressions et regards sombres. En général, peu étaient ceux qui tentaient de m'approcher lorsque je dégageai autant de mauvaises ondes. Ceux qui s'y risquaient le regrettaient férocement, quelque soit la tournure de la rencontre. Le meilleur des remèdes pour retrouver ma propre sérénité d'esprit -sérénité quelque peu étrange et propre à ma personne- était de partir sur les petites routes de campagne armé d'un simple sac à dos et en courant. Aussi laissai-je Paris derrière moi pour entamer ce road trip destiné à évaporer les lambeaux tenaces d'une colère provoquée la veille. Les paysages changèrent et les colonnes de bétons laissèrent la place aux champs dépouillés du nord de la France. Imperméable à tous ce qui ne reflétaient pas la nature dans son plus simple appareil, j'allongeai les foulées, concentré sur mon souffle et sur les douleurs qui sévissaient dans mon être fatigué. Les heures s'étreignirent, chacune aussi longues que pouvaient l'être une journée tout en étant aussi courtes qu'une seconde. Je ne me repérais qu'au soleil pour déterminer le temps qui s'écoulait, sans jamais ralentir, de crainte de m'effondrer. Au jour succéda la nuit et au chant des voitures sur l'autoroute se substitua de nouveau celui des oiseaux nocturnes. Les exhalaisons du goudron et de l'essence se volatilisa et dans l'air ne demeura plus que celle de l'herbe fraîchement coupée et de la terre retournée. Au terme de deux journées harassantes, j'avais du mal à garder les paupières ouvertes sur un panorama qui s'amusait à danser. Mais je ne m'effondrais que trente-huit heures après mon départ, les jambes coupées et le souffle galopant. Le sommeil m'attira dans son halo ténébreux et mes paupières se fermèrent, sur un parfum de fleurs entêtant. Lorsque le soleil s'éleva de nouveau dans le ciel, que la lumière caressa mon visage d'un rayon doucereux, je m'éveillai, le bras chatouillé par une araignée curieuse et inconsciente du danger. Je la chassai d'un doigt puis me redressai en étirant mes muscles ankylosés. Je me trouvais dans un champs de fleurs qui jouxtait un vignoble gigantesque. Au loin, des silhouettes travaillaient autour des arbres rabougris chargés de fruits, en chantant dans cette langue que je ne connaissais pas encore. D'une main, je frottais ma barbe épaisse et noire, puis me redressai en réajustant les lanière de mon sac à dos sur mes épaules nues et rougies par les frottements. « Vous êtes sur une propriété privée. » Mon menton penché sur ma clavicule s'éleva vers le ciel et mes prunelles au bleu revigoré croisèrent celles chocolatées de mon interlocutrice. De courts cheveux noirs encadraient son visage fin aux lèvres à croquer. Elle exhalait un parfum de vin rouge mêlé de miel, une odeur entêtante que j'inspirai malgré moi à pleins poumons. Les seins hauts, petits et moulés dans un tissu couvert de terre narguaient ses hanches épanouis et son petit ventre qui se dessinait sous son t-shirt sale. Elle s'essuyait les mains dont les ongles courts étaient recouverts de terre, à hauteur de son bas ventre dont la peau nue scintillait au soleil. « Vous êtes sourd ? » fit-elle avec une pointe d'agressivité gênée, consciente d'un examen que je ne cherchais pas à cacher. Non sans une caresse sur ses jambes prisonnières d'un short trop petit, je remontai sur son visage et vers ces yeux plissés en une méfiance compréhensible. « Je … suis perdu. » prononçai-je avec hésitation dans sa langue. Et perdu je l'étais. Égaré dans les volutes d'un désir qui s'épanouissait dans mon bas-ventre et dans mes reins. J'avais trouvé une nouvelle proie. « Savoir où je suis ? » demandai-je d'une voix plus rauque et saturée. Son sourcil noir s'arqua sur son visage et, après quelques secondes d'indécisions, elle se rapprocha prudemment.

Six ans plus tard

Le soleil brillait sur la grande tour de Seattle, aveuglant mon regard fixé sur la vieille dame qui traversait la ville. Les bras croisés sur ma veste noire, les dents plantés férocement dans un bâton de vanille, je me redressai puis la suivis d'un pas silencieux dans la cité. Le collier qu'elle portait autour du cou avait attisé ma convoitise quelques heures plus tôt, me poussant à la prendre en filature dans les rues bruyantes d'une ville dans laquelle je séjournais depuis trois mois. Je laissai tomber la plante qui jaillissait entre mes lèvres et devins son ombre durant la dizaine de minutes qui suivit. Elle finit cependant par s'arrêter dans une grande maison aux abords de la ville, dans laquelle elle pénétra de sa démarche « clopinante ».  D'un regard vif, j'embrassai la façade rouge de la maison, m'arrêtant sur les fenêtres dépourvues de volets. Je m'approchai silencieusement puis bondis sur la façade, grimpant comme un singe jusqu'à la fenêtre ouverte du second étage. Je me glissai dans la pièce sans qu'aucun bruit ne trahisse mon intrusion, puis partis à la découverte de la maison à pas de loup. La grand-mère chantonnait d'une voix éraillée dans la salle de bain du premier et de laquelle je m'approchai. Ma main se glissa dans l’embrasure de la porte et la lumière s'éteignit d'une simple pression des doigts. Alors je poussai vivement la porte que je refermai du pied. La pièce sombra dans l'obscurité et les chants se muèrent en hurlement alors que j'arrachai le collier du cou ridé de sa propriétaire. D'un bond, je sortis en tenant fermement mon butin, rejoignis la fenêtre en quelques pas souples et sautai par la fenêtre, non sans ralentir ma chute en attrapant le rebord de celle du rez de chaussée. Je terminai ma course dans le jardin puis m'élançai chez le voisin avant de disparaître dans la rue. Une fois à la maison, je laissai tomber le collier sertit de perles sur la table. Un coup de ciseaux et les pierres furent libérées, roulant en toute tranquillité sur le bois. Je les ramassai et les rangeai dans une boîte remplit de minéraux différents avant de la replacer sur son étagère, à côté de nombreux objets hétéroclites, souvenirs d'autre larcins commandés par l'envie plus que par l'appât du gain. Ce soir en revanche, j'avais envie de tenter la maison de riche … simplement pour savoir si je pouvais passer la sécurité plus que pour voler. Un jeu dangereux … car on ne sait jamais qui on va rencontrer.



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La vérité se tapit dans les replis obscurs du cœur ou de l'esprit, enfouie sous le présent et la certitude. Mais les émotions finissent toujours par imploser en une myriade d'étincelles, dévoilant une réalité qu'on était loin d'imaginer. @swanscaptn › © alaska.  

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